Marie

le duvet de sa peau
absorbe les heures
la mort elle vient
frissonner entre les draps
comme une amante perdue



les mots sont devenus des mots
ils ont expliqué le monde
leur utilité est celle de la nourriture
pour les assoiffés d'amour
ils auront deux bras

en son enfance il ne va plus
se prosterner au pied du saule pleureur
éponger sa paume sanglante
écouter les pierres résonner de prières
humer le cèdre et le pin



il laisse entendre qu'il existe
par des signes sur du papier
après les meurtres de la nuit
les typhons du jour
travailler et oublier




Marie, Les éditions les herbes rouges. Copyright Claude Paré et les Éditions les herbes rouges. Toute reproduction interdite sans autorisation.