Le parc du Passeur

Le parc de la gare de triage

Le projet du CHUM sur le site d’Outremont a révélé au public un des lieux les plus beaux et les plus intéressants de Montréal. Ce vaste espace pourrait être l’endroit idéal pour construire un hopital entouré d’espaces verts, baigné de lumière et de quiétude si il n’y avait pas des produtis toxiques circulant à proximité, sur la voie ferrée du CP rail. Le Canadien Pacifique a conclu une entente avec l’Université de Montréal pour le détournement d’un partie des matières dangereuses, mais les assurances données par le CP Rail à l’Université de Montréal ne sont pas suffisantes. Le projet de l’Université de Montréal sur le site la gare de triage pourrait être l’occasion de poser la question de la pertinence de l’existence au coeur de Montréal d’une voie ferroviaire ou circulent des wagons remplis de produits chimiques. Un déversement de matières toxiques à n’importe quel endroit de la voie du CP Rail pourrait avoir des conséquences graves pour la population de Montréal.

Afin d’assurer la sécurité des habitants de Montréal et pour les fins de la construction du CHUM, cette voie ferrée devrait être abandonnée. L’emprise ferroviaire ainsi dégagée aurait une plus value foncière importante pour le CP Rail et serait une occasion en or pour les promoteurs de faire valoir un espace unique du paysage montréalais. Pour cet espace unique je crois cependant qu’il faut proposer une vocation totalement différente.

Comme le Canal Lachine, cette voie ferrée témoigne de l’histoire industrielle de Montréal. Sur toute sa longueur la voie ferrée du CP rail permet de voir l’horizon, de regarder vers le lointain ; ce que refuse la ville en général, à moins d’en payer les droits par l’achat d’une maison sur la montagne ou la location d’un appartement aux derniers étages d’une tour d’habitation. En se promenant le long de la voie ferrée, du port jusqu’à l’hyppodrome, sur le murs des usines ou des entrepôts, on peut contempler une suite impressionante de graffitis. Malgré les clôtures et les interdits, des travailleurs traversent continuellement la voie ferrée d’un point à l’autre, non pas en poursuivant les perpendiculaires des rues mais en créant des passages obliques qui échappent à la logique de la trame urbaine.

La voie ferrée du CP Rail et en particulier le site de la gare de triage donne à voir un point de vue incomparable sur Montréal. Ce lieu, s’il était considéré comme un tout, pourrait devenir un parc urbain majeur et un lieu de circulation piétonnière et cyclable unissant l’est et l’ouest de la ville de façon tout à fait inédite. Intégré au projet de l’Université de Montréal, il pourrait devenir l’axe d’un réseau vert de la santé, un parc pour la promenade, l’activité physique et le ressourcement. Aménager cet espace de façon écologique en respectant son caractère de friche urbaine et en y laissant les traces de l’activité ferroviaire serait un acte hautement original et productif, tant du point de vue de l’urbanisme que de la santé des habitants de Montréal. Ce projet serait un moyen inventif de redonner à tous la travailleurs et aux citoyens le fruit de leur travail et le bénéfice de leur occupation de l’espace...Nul doute cependant que ce n’est pas ce qui pourrait intéresser nos promoteurs. Mais ce pourrait être pourtant un enjeu de santé publique...

Claude Paré ( lettre expédié aux journeaux, 2005, non-publiée)