Pas de bouche

Emportés par la brièveté
Entre deux clignements d'yeux
Des pans de notre théâtre disparaissent
Nos semblables s'estompent
Nous restons debout
Nos vêtements déchirés
Devant un ciel percé et un soleil mangé
Entre chaque battement meurtier
C'est tout
Il ne reste plus que ma bouche

Je suis en chacun de mes pas
Je ne diffère pas des autres humains
Qui marchent comme moi
Nus sur une route de sable
Qui s'éloigne de tout
Nous ne nous touchons pas
Nous sommes une sculpture posée sur ce bord rond
Que nous n'atteignons pas
Nous respirons
Nous ne nous couchons jamais
Nous brûlons pas
Nous jouissons de la fraîcheur du vide


Pas de bouche, Les éditions les herbes rouges. Copyright Claude Paré et les Éditions les herbes rouges. Toute reproduction interdite sans autorisation.